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Fast beauty impact sur la planète

La Fast Beauty : quel impact sur notre planète ?

Nous parlons souvent de Fast Fashion, mais qu’en est-il de la Fast Beauty ? Aujourd’hui, sur le marché de la cosmétique, les consommateurs souhaitent plus d’immédiateté et de rapidité. La nouveauté attire et fait vendre. En toute « logique » l’industrie cosmétique suit ce mouvement. Elle ne cesse de produire et de mettre régulièrement en vente toujours plus de soins. La création de nouvelles marques skincare se multiplie et le gaspillage lui aussi. Chaque année, ce sont 4 tonnes de cosmétiques qui sont jetés à la poubelle.

Nous vivons dans une société où nous voulons toujours tout, tout de suite. Les cosmétiques ne sont pas en reste. Nombreuses sont les marques qui proposent des soins miracles à l’action instantanée et visible, soins qui sont consommés en très grandes quantités. Il en est de même pour les produits skincare abordables et tendances. Vous connaissez sûrement The Ordinary, LA marque skincare du moment popularisée grâce à Tiktok. Et bien ses produits sont très régulièrement en rupture de stock sur tous les sites de ses revendeurs. Cette surconsommation entraîne donc une surproduction de la part des marques afin de répondre à la demande, ce qui est forcément nocif pour la planète.

Un phénomène impulsé par les réseaux sociaux

Depuis l’apparition des réseaux sociaux, nous avons accès à tout, tout de suite et nous recevons sans cesse une multitude d’informations. Ils ont démocratisé la beauté et sont donc la cause majeure de l’apparition de la Fast Beauty. Aujourd’hui, toutes les marques skincare sont présentes sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Instagram. Leur présence permanente et la quantité d’informations qu’elles communiquent a créé un fort besoin auprès des utilisateurs. Ce phénomène viral a tout d’abord touché les Millenials avant de s’étendre aux trentenaires. De nombreuses marques skincare communiquent avec les utilisateurs sur les réseaux sociaux afin de créer un lien de proximité. Estée Lauder par exemple, a racheté la marque Dr Jart+ qui connait un important succès sur les réseaux avec un fort engagement et une boutique en ligne très performante.

Les influenceurs ont également joué un rôle en se mettant en scène au quotidien avec de nouveaux produits skincare ce qui, forcément, suscite l’envie. Les marques ont bien compris l’enjeu de travailler avec eux et multiplient ainsi les partenariats. Dermalogica, a par exemple collaboré avec la célèbre influenceuse française Noholita et Merci Handy avec l’une des influenceuses préférée des jeunes : Mayadorable. Aujourd’hui, ce ne sont plus les marques qui dictent les codes de la beauté mais bien les influenceurs.

Les stars mondiales ont aussi surfé sur ce phénomène en lançant leur propre marque skincare. Nous pouvons prendre l’exemple de Rihanna avec Fenty Skin ou de Kylie Jenner avec Kylie Skin. Leur avantage majeur est qu’elles bénéficient d’une communauté de fan très importante et très engagée qui s’arrache tous leurs produits.

Enfin, la Fast Beauty peut également s’appliquer aux services. Des applications mobiles comme Soothe ou Blow LTD permettent par exemple, de recevoir en 30 minutes des soins du visage.

L'importance d'une prise de conscience collective et d'un retour à l'essentiel

Chaque année, 4 tonnes de cosmétiques sont jetés dans le monde. Ce chiffre est alarmant. Mais alors quelle en est la cause ?

Comme expliqué précédemment, ce sont aujourd’hui les influenceurs qui conditionnent les tendances en terme de beauté et qui indirectement, contribuent au développement de la Fast Beauty. Dès lors qu’une marque va collaborer avec un influenceur, les revendeurs vont plus facilement acheter les produits en grande quantité pour répondre à la demande. Néanmoins cette demande est très éphémère et changeante. Les collaborations s’enchaînent à une vitesse effrénée et les besoins des consommateurs également car un produit peut très vite devenir « désuet ». Il y a donc beaucoup d’invendus et en raison des dates limites, cela représente un énorme gaspillage écologique et économique.

De même que pour la Fast Fashion, concernant la Fast Beauty, nous pouvons nous poser la question de la qualité. Les soins sont produits très rapidement et consommés en grande quantité mais qu’en est-il de la qualité ? Qui n’a jamais acheté un masque pour le visage juste pour « tester » car le prix était bas et le packaging attractif puis s’est retrouvé avec une poussée de boutons et la peau complètement irritée. En effet, sur le marché, la plupart des produits skincares peu chers sont composés d’ingrédients dérivés de pétrochimie ou même controversés et leurs listes INCI sont catastrophiques. Tous ces produits achetés sur un coup de tête finissent dans les tiroirs de nos salles de bain ou détruits par les marques et cela engendre aussi un gaspillage très important.

Le minimalisme a adopter

Il semble donc primordial de revenir à l’essentiel en réduisant notre consommation. Diminuer notre routine skincare et privilégier des gestes adaptés qui font la différence pour notre peau et pour la planète. Prenons l’exemple de la crème hydratante. Inutile d’en mettre des quantités sur son visage, il suffit simplement de bien l’appliquer en petites doses. Des outils comme le Gua Sha ou le roll-on en pierre permettent de bien étirer les soins et de les faire pénétrer correctement. Le passage à une routine minimaliste est également un bon moyen de réduire ses déchets. Le minimalisme est un mode de vie qui incite à consommer moins mais mieux en adoptant une routine skincare simple et responsable. L’objectif est donc de se séparer des produits superflus en ne conservant que les plus utiles et de sélectionner des marques qui s’inscrivent dans une démarche de préservation de l’environnement. Enfin, il est important de stopper les achats frénétiques en les rationnalisant pour ne consommer que l’essentiel.

Les acteurs du changement

Aujourd’hui, de plus en plus de marques skincare comme Laboté, CoZie ou 900 Care tentent de limiter le gaspillage en se mettant au vrac, aux recharges ou à la personnalisation (cf article cosmétique plus responsable). La marque Coslys, pionnière sur le marché du vrac s’engage pour la protection de la planète en développant des formules biodégradables et en proposant des cosmétiques liquides en magasin bio depuis 2013.

L’Etat cherche aussi à réduire le gaspillage dans sa globalité. Depuis Février 2020, la vente en vrac est maintenant reconnue par la législation française grâce à la loi anti-gaspillage pour l’économie circulaire. Cette loi implique que les emballages des produits cosmétiques doivent être modifiés en accord avec les nouvelles obligations. Les caractéristiques environnementales des produits, les logos Triman et « déconseillé aux femmes enceinte » des produits qui contiennent des perturbateurs endocriniens devront être présents sur les emballages.

Des associations comme Unisoap luttent également contre le gaspillage de cosmétiques. Elle récupère les savons des hôtels, les recycle et les redistribue à ceux qui en ont besoin. En effet, en France 51 millions de savons sont jetés par les hôtels chaque année ce qui représente un gaspillage important.

Pour aller plus loin

Tout comme la Fast Fashion, la Fast Beauty est un problème de société non négligeable et majoritairement impulsé par les réseaux sociaux. En faisant la promotion de leurs produits par le biais des influenceurs, les marques skincare font naître un sentiment de besoin auprès des utilisateurs et les poussent à consommer. On peut donc se demander si le marketing d’influence n’est pas aujourd’hui responsable de l’amplification du phénomène de Fast Beauty.

Pour tenter de limiter cela, il est possible de réduire sa consommation de produit skincare en n’optant que pour les indispensables.

Fort heureusement, aujourd’hui, de plus en plus d’acteurs comme les marques, l’état et les associations se mobilisent pour diminuer au maximum le gaspillage de produits skincare.

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