Crédit photo : Heather Ford

Un usage plus responsable des cosmétiques : des opportunités et un positionnement stratégique pour les entreprises ?

Actuellement, le secteur des cosmétiques est en pleine mutation. Nous avons toujours connu le packaging des produits skin care sous forme d’emballage plastique. Mais cela c’était avant ! Aujourd’hui, l’usage plus responsable des cosmétiques englobe différentes pratiques comme le vrac, la personnalisation, le système de recharge ou encore les emballages recyclables et biodégradables.

La tendance du vrac dans le secteur alimentaire est bien connue. En France, le marché du vrac a représenté 1,2 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2019 soit une croissance de 41% sur un an. Le vrac est actuellement un marché de niche mais tout de même prometteur.

Ces différents systèmes d’usages plus responsables s’adaptent petit à petit au secteur des cosmétiques car le gaspillage de produits skin care n’est lui aussi pas à négliger. Une étude réalisée par l’Ifop pour la marque Laboté révèle que près d’une femme sur deux, soit 46%, déclare avoir arrêté d’utiliser un produit non terminé. Cela représente au total 4 tonnes de cosmétiques qui terminent chaque jour à la poubelle. Les raisons de ce gaspillage sont diverses : soin non adapté, désir de tester un nouveau produit ou encore manque de sensorialité concernant la texture et l’odeur.

On pourrait donc penser que la mise en place d’un usage plus responsable des produits cosmétiques est LA solution prometteuse pour contrer le gaspillage.

Alors quels sont les avantages pour les marques de proposer aujourd’hui des systèmes d’usage plus responsables des cosmétiques ?

Le vrac et les recharges moins chers, entre 5 et 15% de moins que les produits enballés

L’absence d’emballage réduit les coûts marketing, des économies qui peuvent s’avérer non-négligeables sur le long terme pour les entreprises. Ces dernières années, les modes de consommation ont radicalement changé. Les consommateurs cherchent de plus en plus à lutter contre le gaspillage et les déchets tout en prêtant attention à leurs dépenses. Le vrac, la recharge ou la personnalisation sont avantageux car ils permettent de réduire le prix d’achat avec la diminution de suremballage, tout en fournissant les quantités exactes désirées par les consommateurs.

La marque Lush fondée en 1995 est une des pionnières en terme de vrac avec en 2014 le dépôt de brevet de sa Bombe de bain ainsi que d’autres innovations comme les Gels douche solides ou les Bombes de douche. On peut notamment lire sur leur site internet que « 35 % des produits Lush sont nus et les beurres corporels ont évité à eux seuls la fabrication (et donc le débarras ensuite) de 17 000 kg d’emballage en 2015.» Ils ont également opté pour le système d’emballages recyclables : « Lorsque vous avez terminé cinq produits Lush présentés dans ces pots reconnaissables, vous pouvez rapporter ces derniers dans votre boutique en échange d’un masque frais pour le visage. Ils sont ensuite nettoyés et déchiquetés au “Lush Green Hub” dans le Dorset avant d’être transformés en copeaux, chauffés puis remoulés en forme de pots.»

Toujours dans cette démarche responsable, la marque CoZie créée en 2017 s’est illustrée sur le marché de la cosmétique éthique à travers  une innovation unique : la création de la première machine de vrac cosmétique au monde, la Dozeuse. C’est une machine brevetée unique au monde qui garantit la protection sanitaire du consommateur. CoZie a également pour objectif le zéro déchet en optant pour les recharges. Pour cela, elle récupère, lave et reconditionne les contenants de ses produits cosmétiques. Ils sont consignés sur le principe de l’achat à vie : le consommateur achète son contenant une fois à 1,50 euro et à chaque prochain achat 1,50 euro lui est déduit. Le fait de tout internaliser lui permet de réaliser des économies d’échelle considérables.

Vers une consommation en valeur avec le skin care-sur-mesure

Concernant le système de personnalisation, la marque Laboté qui voit le jour en 2017, se démarque de part son dépôt de brevet pour le lancement d’un modèle d’officine moderne dédié à la beauté de la peau. Sa fondatrice Lucile Battail explique le principe de Laboté « Au cours de mon parcours, j’ai réalisé que l’industrie cosmétique ne fonctionnait absolument pas. Trop de gâchis industriel, trop d’intermédiaires, trop d’ingrédients, trop de packaging… Chez Laboté, nous avons remis à plat toute cette chaîne de valeur en créant un nouveau modèle de production à la demande de soins sur-mesure. Nous inventons l’industrie de demain, respectueuse des hommes et du monde. Une arme pour lutter contre la sur-consommation et la surproduction cosmétique. »

Plus que des opportunités, un modèle de communication pour les entreprises

Cette prise de conscience environnementale de la part des entreprises et cette « tendance » actuelle de consommation a poussé les géants de l’industrie cosmétique à prendre un virage plus responsable souvent dans l’optique de redynamiser leur image et d’améliorer leur RSE.

Le groupe L’Oréal propose désormais un système de recharges pour sa gamme de produits capillaires Kerastase.

D’autres, comme la maison de cosmétiques Cha Ling (partenaire de LVMH), a depuis 2019, fait le choix de proposer des pots et des flacons rechargeables à l’infini. Ces recharges sont faites à partir de porcelaine constituée de matériaux naturels et recyclables. Il aura fallut trois années de recherche afin de développer ce nouveau packaging.

Le Lab, le concept store de Pierre Fabre dédié aux soins de la peau et du cheveu situé à Toulouse, a récemment mis en place des flacons en verre réutilisables à l’infini pour les marques Klorane et A-derma. Le Lab a également créé avec Cozie la machine vrac pour ses shampoings Klorane et ses gels douche A-derma.

Il est néanmoins possible de se demander si le passage à un usage plus responsable de la part des géants de la cosmétique découle d’une simple stratégie de communication ou bien d’une réelle démarche sincère.

Pour résumer

Toutes ces marques citées précédemment ont donc opté pour des stratégies différentes. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui le monde évolue très rapidement, grâce au développement des nouvelles technologies. Le gold standard de demain en terme d’usage des cosmétiques reste imprévisible.

Il semble ainsi essentiel pour les marques de cosmétiques d’investir sur de multiples usages plus responsables de leurs produits à savoir le vrac, les recharges, la personnalisation ou les emballages recyclables. Cette vision s’intègre dans un processus de business development vise à capitaliser sur ces opportunités.

Sources

  • https://www.cosmopolitan.fr/et-si-on-passait-aux-produits-de-beaute-a-acheter-en-vrac,2032711.asp
  • https://www.premiumbeautynews.com/fr/l-ambition-du-vrac-s-etend-aux,16281
  • https://www.rockiemag.com/marques-beaute-zero-dechet-5376
  • https://www.maddyness.com/2020/12/23/9-marques-vrac-zero-dechet/
  • http://lescanaux.com/les-canaux-initiatives/cosmetiques-le-virage-naturel-bio-et-local/
  • https://www.businessfrance.fr/croissance-vrac#:~:text=16%20mars%202020-,Le%20march%C3%A9%20du%20vrac%20en%20France%20a%20repr%C3%A9sent%C3%A9%201%2C2,secteur%20%C2%BB%20annonce%20le%20R%C3%A9seau%20Vrac.
  • https://www.febea.fr/sites/default/files/media/livreblanc_febea-ecocircu_2018_0.pdf
  • https://madame.lefigaro.fr/beaute/gaspillage-des-tonnes-de-cosmetiques-jetees-chaque-jour-080221-194894
  • http://vracpratique.fr/le-marche-du-vrac-en-france/
  • http://www.cozie-bio.com/nos-engagements/
  • https://fr.lush.com/article/reduisons-lemballage
  • https://fr.lush.com/content/lush-fete-ses-25-ans
  • https://www.labote.com/pages/histoire
  • https://www.instagram.com/le_lab_pierrefabre/

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